Imaginez pouvoir vous souvenir de chaque détail de votre vie depuis l’adolescence, du petit-déjeuner que vous avez pris un mardi quelconque à la conversation exacte que vous avez eue un matin de décembre en 1995. Pour certaines personnes souffrant d’hypermnésie, également connue sous le nom de mémoire autobiographique hautement supérieure, cela est une réalité. Jill Price est la première personne identifiée par la science moderne comme ayant cette capacité exceptionnelle.
Cependant, et s’il était possible de « pirater » notre cerveau pour obtenir des facultés cognitives surnaturelles, sans qu’il soit nécessaire de posséder une condition rare ? C’est ce que promettent les nootropiques, des substances souvent qualifiées de « drogues intelligentes » ou d' »amplificateurs cognitifs » offrant des améliorations en mémoire, attention et vitesse cognitive.
Le concept et l’origine des nootropiques
Le terme « nootrope » a été inventé en 1972 par le chimiste roumain Corneliu E. Giurgea. Pour être classée comme un nootrope, une substance doit répondre à plusieurs critères, notamment améliorer la mémoire et l’apprentissage, protéger le cerveau contre divers types de lésions, et générer peu d’effets indésirables. Malgré ces critères, le terme est souvent utilisé de manière approximative et varie selon les substances présentes sur le marché.
L’utilisation historique des nootropiques
Les nootropiques ne sont pas nouveaux. Depuis l’Antiquité, les humains ont utilisé des plantes et des minéraux pour tenter d’obtenir un avantage cognitif. En Égypte ancienne, les prêtres utilisaient des extraits de la fleur de lotus bleu, et en Grèce, les philosophes consommaient des concoctions de ginkgo biloba. Durant la guerre froide, l’Union soviétique a exploré divers composés, menant par exemple à la découverte du piracétam.
Les nootropiques naturels : des alliés millénaires
La caféine
La plupart des gens consomment des nootropiques sans le réaliser. La caféine est de loin le nootrope le plus consommé au monde, agissant en bloquant les récepteurs d’adénosine dans le cerveau, améliorant ainsi la concentration, la vigilance et l’humeur. Lorsqu’elle est mélangée avec la L-théanine, présente dans le thé vert, les effets de la caféine sont modulés pour un impact cognitif optimisé sans les effets secondaires habituels.
Le ginkgo biloba
Le ginkgo biloba, un vieil arbre dont les feuilles sont utilisées depuis des millénaires, est réputé augmenter le flux sanguin cérébral, ce qui pourrait en améliorer les fonctions. Une analyse réalisée en 2014 a montré que la prise de ginkgo biloba pourrait stabiliser ou ralentir le déclin cognitif, bien que des études supplémentaires soient nécessaires.
Les champignons Lion’s Mane
Les champignons Lion’s Mane (crinière de lion) sont de plus en plus prisés pour leur capacité à stimuler la synthèse du facteur de croissance des nerfs (NGF), essentiel à la croissance des neurones. En plus d’améliorer la neuroplasticité, ils pourraient contribuer à la génération et à la régénération des neurones, ce qui favorise le renouvellement des réseaux neuronaux. Des recherches indiquent aussi qu’ils soutiennent la santé des gaines de myéline, qui protègent les cellules nerveuses, renforçant ainsi le bon fonctionnement du système nerveux.
Pour en savoir plus, consultez notre article : Champignon crinière de lion : le puissant stimulant cérébral et combattant du cancer potentiel
Le cordyceps
Le cordyceps est une autre variété de champignon connue pour sa capacité à augmenter la production d’ATP. Originaire des montagnes chinoises, il est utilisé pour améliorer la concentration et augmenter les réserves énergétiques du cerveau. Des études chez les souris ont démontré une amélioration de leur capacité à naviguer dans les labyrinthes.
Rhodiola rosea
La rhodiola rosea, également connue sous le nom de « racine dorée », est populaire pour réduire le stress et améliorer l’humeur. Des études récentes ont montré que ce nootrope pouvait augmenter la synthèse de neurotransmetteurs tels que la sérotonine et la dopamine, ayant un effet positif sur la fatigue et la performance mentale.
Bacopa monnieri
Bacopa monnieri, utilisé en médecine ayurvédique, améliore le développement des terminaisons nerveuses et protège le cerveau grâce à ses propriétés antioxydantes. Une méta-analyse en 2014 a conclu que ce nootrope pourrait améliorer la cognition et la vitesse d’attention, bien que des études plus importantes soient nécessaires.
Ashwagandha
L’ashwagandha, appelé « ginseng indien », est largement reconnu pour ses propriétés adaptogènes. En régulant les niveaux de cortisol, il aide à gérer le stress et a été prouvé qu’il favorise la neurogenèse. Une méta-analyse en 2021 a démontré que cette herbe améliore les variables liées à la force, à la récupération et à la performance chez les individus en bonne santé.
Les nootropiques naturels apparaissent comme une méthode saine et efficace pour aider à la fois notre santé mentale et physique. En intégrant ces alliés millénaires dans notre quotidien, nous pouvons potentiellement améliorer nos performances cognitives, notre bien-être général et notre résilience face aux défis modernes.
Source : Thoughty2