Si la vitamine D est reconnue pour ses nombreux bienfaits sur la santé, sa supplémentation fait l’objet de nombreuses mises en garde. Entre nécessité réelle et risques de surdosage, la question se pose : peut-on en prendre sans danger ? Une étude récente se veut rassurante et suggère qu’il n’y aurait pas de risque, même avec des doses élevées, tant qu’elles restent dans certaines limites.
Un nutriment essentiel, mais souvent en déficit
La vitamine D joue un rôle fondamental dans l’absorption du calcium et du phosphate, essentiels à la santé osseuse et musculaire. Une carence en cette vitamine est associée à de nombreuses pathologies : ostéoporose, sarcopénie, troubles cognitifs, maladies cardiovasculaires et affaiblissement du système immunitaire.
Le manque d’exposition au soleil, particulièrement en automne et en hiver, explique pourquoi une grande partie de la population présente des taux insuffisants de vitamine D. Pour y remédier, beaucoup choisissent de se supplémenter, parfois tout au long de l’année.
Cependant, cette auto-supplémentation suscite des inquiétudes. Certains spécialistes privilégient les formes médicamenteuses ultra-dosées (ampoules de 50 000 à 100 000 UI) délivrées sur prescription. Pourtant, les recherches indiquent que des prises plus modérées, mais régulières, pourraient être plus efficaces pour prévenir les chutes et fractures.
Les dangers potentiels d’un excès de vitamine D
Contrairement aux vitamines hydrosolubles comme la vitamine C, la vitamine D est liposoluble, ce qui signifie qu’elle s’accumule dans l’organisme au lieu d’être éliminée rapidement. Un excès peut entraîner une hypervitaminose D, voire une intoxication, bien que ces cas restent rares.
Le principal risque est lié à l’augmentation du taux de calcium et de phosphate dans le sang. La vitamine D favorisant leur absorption, une surdose peut provoquer une surcharge rénale et une accumulation excessive de ces minéraux dans les vaisseaux sanguins. Cette calcification entraîne une rigidification des artères, augmentant ainsi le risque d’athérosclérose et de maladies cardiovasculaires.
C’est précisément pour évaluer ces risques que des chercheurs allemands ont mené une vaste étude sur les effets d’un taux élevé de vitamine D dans le sang.
Une étude rassurante sur les effets d’une supplémentation élevée
Plusieurs études ont montré une corrélation entre des taux sanguins élevés de vitamine D (au-delà des 50 nmol/L recommandés) et une augmentation du calcium sanguin. Une récente étude allemande, réalisée sur plus de 445 000 individus via la base de données UK Biobank, confirme cette corrélation. Cependant, elle ne relève aucun effet négatif sur les reins ni sur le système cardiovasculaire, même chez les participants ayant un taux sanguin de vitamine D atteignant 100 nmol/L.
À titre de comparaison, une étude de 2017 avait analysé les effets d’un taux de 300 nmol/L, correspondant à une prise quotidienne de 15 000 UI. Elle avait conclu que ces niveaux, bien que très rares, ne présentaient pas de danger notable.
Les véritables cas d’intoxication à la vitamine D sont exceptionnels et surviennent généralement à des concentrations sanguines supérieures à 375 nmol/L. Un tel seuil correspond à une consommation quotidienne d’environ 50 000 UI pendant plusieurs mois. Lorsque cette toxicité est atteinte, elle peut provoquer une hypercalcémie sévère, entraînant nausées, vomissements, perte de poids, polyurie (augmentation de la production d’urine) et insuffisance rénale.
Quelle est la dose sûre ?
Les chercheurs à l’origine de l’étude estiment qu’une supplémentation comprise entre 400 et 4 000 UI par jour est sans danger pour la majorité de la population. Les risques n’apparaîtraient qu’en cas de prises massives prolongées, comme l’a illustré un cas extrême au Royaume-Uni, où un homme aurait consommé jusqu’à 150 000 UI quotidiennement, en association avec d’autres compléments.
En France, l’étude Esteban menée en 2015 a révélé qu’un tiers de la population adulte présentait une carence en vitamine D, avec des taux inférieurs à 50 nmol/L. Or, un déficit en vitamine D est associé à un risque accru de cancer, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies auto-immunes et dépression.
Ainsi, bien que la supplémentation soit souvent bénéfique, elle devrait idéalement être adaptée aux besoins réels de chacun. Un dosage sanguin préalable permettrait d’ajuster les apports et d’éviter tout risque d’excès inutile.
Sources:
www.alternativesante.fr
www.mdpi.com
www.tandfonline.com
www.msdmanuals.com
casereports.bmj.com